Jean-Baptiste-Amédée George de La Massonnais - Évêque de Périgueux

Jean-Baptiste-Amédée George de La Massonnais, dit Georges-Massonnais (né le 17 avril 1805, Saint-Denis-de-Gastines - décédé le 20 décembre 1860, Périgueux), est un prélat français, évêque de Périgueux et de Sarlat.

Famille

La famille George de La Massonnais est une famille aristocrate originaire du Maine. Elle avait acquis par mariage en 1670, la terre de La Massonnais dont elle a gardé le nom. 1. Antoine-Louis-Urbain George de La Massonnais (1754-1805), était bourgeois de Saint-Denis-de-Gastines (Mayenne).

Biographie

Fils de Antoine-Louis-Urbain George de La Massonnais et de Michelle Françoise Lefebvre de Cheverus, il est le neveu du cardinal de Cheverus. Il termine ses études au séminaire de Saint-Sulpice et est ordonné prêtre de Bordeaux en 1829.

Source : Auteur Pécaut, Théodore (pseud. Théodore, Abbé). Auteur du texte "Un évêque. Mgr Jean-Baptiste-Amédée George-Massonnais, évêque de Périgueux et de Sarlat"

C’était au lendemain des tristes jours de la Révolution : la France, encore toute meurtrie et brisée par les guerres étrangères, mais plus encore abîmée par les horreurs de la guerre civile, commençait à respirer. Les âmes se dilataient sous le souffle bienfaisant de la Religion ; les églises se rouvraient au culte et au concours des fidèles, d’autant plus altérés de la foi qu’ils en avaient été plus brutalement écartés. C’était comme un réveil général à la vie qui se manifestait sur toute la surface de notre infortunée Patrie. Mais cette résurrection était plus sensible dans les parties vives de ce sol, où la foi avait jeté des racines plus profondes et où elle avait eu par conséquent à lutter avec plus de résistance et d’héroïsme contre ses iniques oppresseurs. Nous voulons parler surtout de cette région de l’Ouest qui avait été la plus éprouvée et la plus violentée dans cette guerre si fameusement héroïque et si cruellement célèbre de la Chouannerie ; cette partie de notre France, qui, entre toutes, avait eu à subir les attaques et les abominations des Révolutionnaires, commençait à se relever de ses ruines et de sa désolation.
C’est au milieu de « cette héroïque province, qui venait de se signaler au monde entier par son attachement invincible à la foi, par son énergie acharnée contre le schisme, par sa fidélité inviolable à tous les principes de la vérité et de la justice ; c’est sur ce sol béni que prit naissance cette plante qui devait s’imbiber des plus rares parfums de la grâce, et sur laquelle l’Esprit- Saint devait verser la plénitude de ses dons (i). » C’est dans une bourgade de la Mayenne que la Providence, qui sait toujours tirer le bien du mal, nous prépare celui qui doit faire l’objet de notre admiration et de notre vénération, comme il sera le fruit précieux et béni de sa maison.
Saint-Denis de Gastines, où naquit Mgr George, est une des belles • paroisses du diocèse de Laval. La moitié de sa population, composée d’un millier d’habitants, est groupée sur le versant d’une colline et forme une bourgade intéressante et pittoresque, dont les constructions granitiques s’harmonisent si bien avec le caractère des habitants. L’église n’a rien de remarquable ; elle a été l’objet de quelques réparations dues à la générosité de notre grand Evêque. Quelque modeste et retiré que puisse paraître ce coin de la Mayenne, il n’en est r. Oraison funèbre de Mgr George, par Mgr Pie, évêque de Poitiers, pas moins un sol béni et privilégié par le nombre et le mérite des grands hommes qu’il a fournis à l’Église. C’est ainsi que la paroisse de Saint-Denis de Gastines s’honore d’avoir donné le jour à plusieurs illustres Prélats, entre lesquels nous pouvons citer : Mgr Fromentières des Etangs, évêque d’Aire (1632),— Mgr Louis Laneau, né en 1662, évêque de Babylone, administrateur des Missions Étrangères,—Mgr Gabriel de Froulay, évêque du Mans (1723). Et le saint cardinal de Cheverus, né à Mayenne, appartenait à Saint-Denis par sa mère ; aussi y venait-il passer ses vacances. M r Hamon, curé de Saint-Sulpice, né au Pas, y venait aussi, à la même époque, chez son frère.
Tout à côté de la vieille église paroissiale de Saint-Denis de Gastines, s’élève une habitation portant le cachet d’une aisance modeste. Bâtie avant la Révolution, cette maison devait abriter un jeune ménage plein d’espérances ; mais, hélas ! la joie n’y a pas été de longue durée, et bientôt sont
venues les angoisses et les terreurs de la Révolution avec les tristesses du deuil. C’est sous ce toit que vivait la famille George-Massonnais ; c’est là que vint au monde celui qui devait être le grand et saint Évêque de Périgueux, Mgr Jean-Baptiste- Amédée George-Massonnais.
……

Aussi, avant de saluer cet enfant de bénédiction, pénétrons dans cette maison privilgiée où se conservent encore religieusement toutes les traditions patriarcales. Il y a là une famille, mais une famille en deuil : le père, M. Antoine-Louis-François George, était mort prématurément, laissant, avec quatre orphelins, son épouse dans les embarras et les tristesses d’un cruel veuvage.
Mais cette épouse était une femme des temps anciens. Elle appartenait à une famille des plus honorables et des plus chrétiennes de la région. Elle portait le nom de Michelle-Françoise Lefebvre de Cheverus ; son père était juge-général civil et lieutenant de police de la ville et duché-pairie de Mayenne. Ce noble et glorieux patriarche ne manquait point chaque jour, vers la fin de sa vie, d’assister à la Sainte Messe, et, au sortir de l’église, sa première visite était pour sa fille, Mme George. Elle avait pour frère aîné M. de Cheverus, prêtre-mission naire à Boston, qui devait être plus tard le grand cardinal-archevêque de Bordeaux (°). °. Jean-Louis-Anne-Magdeleine Lefebvre, cardinal de Cheverus (1768-1836), naquit à Mayenne d’une famille ancienne dans la magistrature, honorée de l’estime et de l° confiance générale. Son père, Jean-Vincent-Marie Lefebvre de Cheverus, juge général de la ville de Mayenne, était marié à Anne Lemarchand des Noyers. De cette union naquirent six enfants : i° M. de Cheverus, mert en bas âge ; 2 0 Jean- Louis-Anne-Magdeleine de Cheverus, archevêque de Bardeaux et cardinal ; 3 0 Clotilde de Cheverus, ou M nK Pierre Moreau de la Courazière ; 4 0 Anne de Cheverus, ou Mme Le Jariel; 5 0 Michelle de Cheverus, ou M nre George

Les quatre enfants qui formaient sa cou ronne, et qui devaient être les frères de notre grand Pontife, étaient : i° Mademoiselle Antoinette George-Massonnais, dite Caroline, religieuse de Saint-Joseph, qui mourut à la fleur de l’âge, à l’hospice de Laval ; 2 0 M. Paulin George-Massonnais, qui épousa une demoiselle de Laubrières ; 3 0 Mademoiselle Françoise George-Massonnais, dite Fanny, qui hérita plus tard de la maison paternelle et chez laquelle, tous les deux ans, Mgr George venait passer les vacances, bonne et sainte fille qui avait
entièrement consacré son existence aux œuvres catholiques ; 4 0 enfin, M. Abel-Louis George-Massonnais, docteur-médecin, longtemps maire d’Ernée, et qui avait Massonnais ; et 6 U Louis de Cheverus, qui épousa M 0 "' Sougé.
Notre futur Prélat fit sa première Communion à l’âge de onze ans, fut tonsuré l’année suivante à Mayenne, nommé presque aussitôt prieur de Torbechet, et aumônier extraordinaire de Monsieur. 11 n’avait que treize ans. — Il fit successivement ses études au collège Louis-le-Grand à Paris, au séminaire de Saint-Magloire, dirigé par les Pères de l’Oratoire, et, à sa seconde année de licence, fut, avec dispense de Rome, ordonné prêtre à Paris, le 18 décembre 1790. — Il dit sa première messe à Mayenne et fut aussi tôt nommé chanoine et vicaire auxiliaire de son oncle, épousé M elle Élisabeth Gannel du Hétray.
C’était un homme de bien, le médecin des pauvres, tout dévoué aux bonnes œuvres ; on l’appelait dans la famille le bon Abel ; de ses trois enfants, le seul survivant est M. Amédée George-Massonnais, que l’Évêque de Périgueux avait baptisé, confirmé et dirigé dans sa première éducation.
On comprend tout l’accablement et l’immense douleur qui avaient envahi l’âme de celle qui demeurait chargée de cette famille ! Pauvre mère ! dont les angoisses et les tristesses étaient encore aggravées par son état de grossesse avancée. Un mois après la mort de son époux (17 avril 1805),
elle mit au monde l’enfant de son deuil, M. Lefebvre de Clieverus, curé de Mayenne, auquel il succéda en janvier 1792. Trois jours après sa nomination, il se vit forcé, pour échapper aux poursuites révolutionnaires, de s’exiler en Angleterre. 11 s’y employa à donner des leçons de langue française et à y apprendre lui-même la langue anglaise ; mais bientôt, brûlant de zèle pour les intérêts catholiques, il se rendit à l’appel de M. l’abbé Matignon, docteur et ancien professeur de Sorbonne, réfugié à lloston et chargé d’évangéliser toute la nouvelle Angleterre et les tribus sauvages de Penobscot et de Pas-samaquody. Avant de s’embarquer (1796), il fit, en faveur de ses frères et sœurs, cession de tous ses droits ….

Source : Auteur Pécaut, Théodore (pseud. Théodore, Abbé). Auteur du texte "Un évêque. Mgr Jean-Baptiste-Amédée George-Massonnais, évêque de Périgueux et de Sarlat"

Source : Wikipédia